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Ce qui nous ignore, ce qui nous regarde 2022 4 min 20 vidéo

Le regard du spectateur se promène sur une surface froide, mathématisée, qui peu à peu se forme, se densifie, se matérialise, jusqu’à devenir d’une certaine manière un territoire. C’est un lieu, une matière, indifférents à l’observateur. Comme nous le dit le philosophe Tristan Garcia : « Le réel n’a pas besoin de nous ». Mais aussi surprenant que ce soit, c’est à travers cette chose même qui nous ignore que finalement quelque chose nous regarde.



Travail qui procède avant tout d’un montage d’images : la première a été sélectionnée dans un journal (Le Monde) et scannée puis juxtaposée avec une autre choisie parmi ses « images similaires ». Celles-ci sont proposées comme résultat d’une « recherche par image » généré par algorithme (Google). Par le recours à ce dernier, le processus artistique, à l’image de la problématique qui a guidé la plupart du choix des images de presse, procède d’une collaboration entre l’humain et la machine. L’utilisation de l’algorithme nous invite également à porter un regard critique sur notre usage contemporain de l’image : que nous dit le non-vivant sur notre manière de regarder les images ? ; et comment penser la différence d’interprétation entre l’homme et la machine à travers la comparaison d’images ?


Pris sur le fait... 2020 150x178 cm photographie

"Pris sur le fait, bois de Serres, Charbonnières-les-bains, 8 mai 2020, 18:21:57."

Dans un bois, soudain, quelque chose d’étrange et d’inattendu a eu lieu. Se pourrait-il que les lois de la nature viennent à changer (Q. Meillassoux)? Assis de l’autre côté de la rive, un adolescent ne l’a pas perçu, il se prenait en photo. Ce tableau photographique montre l’événement de cette non-rencontre.


Par hasard 2020 1,6x1,6x278 cm sculpture (174 dés)


Après l'Éclipse... 2020 200x265 cm photographie

"Après l'Éclipse, rue du commandant Charcot, Lyon, 2020."

Les rues sont désertes, le silence règne, l’humain s’est éclipsé. Ce tableau photographique est-il à voir comme un document relatant un moment historique récent ? - le passage du confinement de toute une population à son retour vers l’extérieur - ou comme une fiction? - soudain l’humain a disparu du monde, de lui ne reste que ses traces et ses artefacts : un réel sans l’humain donc, un Grand Dehors (Q. Meillassoux). Plus rien, dès lors, ne nous regarde. Le désir d’un « dehors » grandit à mesure que grandit le sentiment de confinement, que celui-ci soit physique ou philosophique.


Tenir le coup, tant bien que mal 2020 140x300x2 cm photographies, support bois


Fait sans gravité 2020 34x42x11 cm bougeoirs, cire


Cava Imago ? 2019 40x50 cm cartes postales


Le Jardin 2018-2019 30x55 cm photographies


Prince amer de l’écueil... 2019 145,5x194 cm photographie

"Prince amer de l’écueil, Université de Bourgogne, Faculté des sciences du sport, Dijon, janvier 2019."


Stimulation transcrânienne magnétique 2019 en cours poème
D’un clique il claque comme un
dédoublé enjeu commun
d’où par l’auréole sort
intense bien qu’indolore

la charge déchargée telle
la compressa ampulex
dans le polyfonctionnel
front moteur de son cortex.

Et que je stimule ton
tissu cérébral recoin
par cette ni plus ni moins
« non invasive façon ».

Le détenu maintenant
en l’aire qu’elle prédate
son destin une adéquate
paralysie paraissant.

Pris du doute à pousuivre ?
Oh Capitaine.. et mécène,
tes échos s’arriment en scène
sacrifice du maître, ivre

Ou — est-ce l’étreinte d’elle
dont les effets erratiques
sans qu’on le veuille n’abdiquent
à ne s’abîmer qu’en veille ?

Pire encore si : dès lors
le maître crédule alors
elle, hélas, d’un vif revers
s’emparait, sans fiel mais fière,

de son être sans accord.
Corps en usage soumis,
homme à la dérive, ici
épineuse affaire. Encore

hier lui sauvant la mise
par un pari de trop creuse
l’inopinée orgeuilleuse
sa propre mise aux assises.

Surpris d’être dès l’aube
servante jusqu’à l’ôde,
compagne jamais fébrile,
devenue traitresse vile ?

De l’obscurité sans sens
où à peine le silence
oublié règne et abîme
toute Histoire, éclate en cyme,

la victime en kaïronique
sursaut, par-delà jetant
le départ ailé, l’unique
foudroyant évènement.

Sous le choc, usé, son corps
par elle, parade alors
(çà le démonte en ciel pur)
l’union kéraunique azur

dont l’éclair libéré laisse
au Monde un possible jet
de son bas regard vers les
infinis Cieux qui blessent.

Pouvoir grandissant et sans
mesure établit sa folle
domination sans bémol
sur son environnement.

Son origine bafouée
s’érige avec orgueil en
un sombre Unique perdant
la primordiale unité.

Recherche sans cesse amère
du Tout perdu compensant
par la brève croyance en
un vers unique ou divers.

Sans soupçon, il ne contourne
mais non plus le déjoue et
l’attente habile détourne
au détour du je muet

la fracassante mais non
sonore crise de son
faisceau cortico-spinal —
râle au venin vespéral.

Dans le corps céleste même,
sans tremblement, mais en
un perpétuel roulement
jusqu’à l’apogée suprême,

en leur tension s’acheminent
les ondes crépusculaires
depuis sa dorsale épine
à sa fibre musculaire.

Juste avant la retombée
l’instant fige un résultat,
le hasard déchiffré via
un plein regard dirigé.

Soudain sidérant, soudain
son droit regard fixe aligne
point par point, dès lors, désigne
figures, axes et desseins.

Emergeant du chaos forme
le décompte en soupe informe
en une constellation
— éphémèr corrélation —

le pur acte poétique.
Mais elle, de cet aigu
songe, abuse sans éthique
de l’occasion en vue du

redoutable événement,
préssentit et arrivant,
dirige son corps, dès lors
volonté en ruine. Alors

se lève le vierge index.
L’ordre sévit sans qu’il ne
le décode. Le codex
se délivre en quelques lignes

Ténébreuse elle s’arroge
le droit de dépasser son
maître de deux pieds (ici) sans toge.
Naïve croyance en son

perpétuel commandement,
luit le maître en déclin, cède
place. Elle, piètre, accède
au formel commencement.

« Partez vivre nus sans zèle ! »

Unanime cri sans rimes
professant las une amère
révolte sans crime envers
son aliénation ultime.

Sauf qu’alors halluciné
de ce résultat par cette
avancée démesurée,
on en oubli notre dette.

Verdict : du dictat du doigt
sur le regard on se doit
de voir plus loin le devoir
de regarder se mouvoir

celui qu’il pointe. Lui seul
peut redéfinir les termes
de la relation à terme
la juste mesure, seul

Lui peut, en la décelant,
en la singularité
pour lui réappropriée,
pour elle se dissipant,

agir, héroïque enjeu
que cette tâche commune
pour que le maître en fortune
sans lacune en retrouve

son primitif et logique
compte. Tenu jusqu'à la
- en l’impératif du doigt -
fin, le fin regard haptique

se tourne vers celui qui
officie par sa présence
devant le lieu en absence
émergeant, vers celui qui

toujours-déjà, mystérieux,
partie d’un tout en panache,
disparu, n’apparaît que,
quand seulement lui seul cache.


Constellation 2019 ∞ min/100x400 cm vidéo

Un amas de points blancs s’agitent sur fond noir. C’est une image abstraite, un aplat, en plan fixe. Mais par le jeu d’un regard créatif qui relie certains points à d’autres, quelque chose de tout à fait différent émergent du néant : des figures. Alors la profondeur se creuse, la caméra se met en mouvement (travelling), l’image prend forme. Grâce à la Motion Capture, de nombreux profils ont pu être enregistrés et générés. Ils ont été ensuite compilés au sein d’une même vidéo pour former une foule d’individus en marche. Vers où, vers quoi se dirigent-ils ? Seul le spectateur sera en mesure de l’imaginer. Ce que l’on peut toutefois dire c’est que ces multiples singularités stellaires, une fois rassemblées, nous laissent entrevoir une possible constellation.


Où l'horizon même s'abîme 2018-2019 23,03x30,7 cm série photographique


Cécité scopique 2017 100x125 cm photographies

Le spectateur se retrouve entouré par un ensemble de portraits de statues antiques. à travers leur regard aveugle, ils fixent le spectateur. Ils ne nous voient pas mais pourtant nous regardent. C’est aussi à travers leurs yeux, éclipsés, signe du temps qui est passé, que planent la lourde charge de l’histoire.

 

 

Vues d'exposition

 


Marc Zebo... 2015-2017 145x180 cm et 80x100 cm photographies - diptyque

Marc Zebo, artiste, vue latérale de "l'Atelier Brancusi", Paris, 2015 ; et son portrait

Adossé au mur qui enferme la reconstitution de l’atelier de Brancusi, un artiste dans la rue produit des sculptures qu’il vend aux passants. Ignorant à la fois le photographe et le spectateur, il est entrain de regarder une de ses créations. Une deuxième photographie se juxtapose à la première, on y voit le portrait de cette même personne accroché au mur d’un white cube. Une spectatrice le regarde tandis qu’il nous regarde. Ce diptyque photographique dialectise : le jeu des regards, qui regarde qui, ou quoi, et qui est regardé ? ; la position d’un artiste entre l’espace public et l’institution culturelle ; la nature véridique de l’image photographique, entre document et mise en scène.


Resist 2017 120x120 cm photographie transparente sur vitrine

Tirage transparent autocollé sur la vitrine d'une galerie d'art.

éventuellement,
il s’agit de questionner le rapport entre espace de l’art et espace publicitaire, entre espace privé et espace public, de jouer avec la relation texte/image, de s’interroger sur l’art comme lieu possible d’une résistance, de penser le rapport oeuvre/spectateur,
en tout cas,
il ne s’agit pas de lire ce texte pour appréhender l’oeuvre


Paxos 2015-2017 en cours série photographique


Les murs ont des oreilles,
ils ont des yeux aussi.
2017 x personne(s) événement

Des personnes ont été invité à se cacher dans le lieu d'exposition afin d'observer secrètement les spectateurs qui s'y aventurent. Cet événement consiste à porter une interrogation sur la théâtralisation du réel : à travers leur regard, le monde réel (de surcroit la déambulation du spectateur) en devient lui-même un spectacle.


L'Aveugle et le Paralytique 1888 234x115x118 cm sculpture (marbre) par Jean Turcan

Mise en valeur de "L'Aveugle et le Paralytique" (Jean Turcan) effectuée par un éclairage dramatique . Cette sculpture a été mis en avant car elle s'incrit pleinement dans mes recherches plastiques et théoriques. Il est question de la figure de l'aveugle : la figure de l'aveugle qui porte celui qui voit, celui qui regarde. La figure de l'aveugle donc qui déclenche une réflexion sur le visible et par voie de conséquence une réflexion sur l'image.


Learning from Athens 2017 30 pages série photographique

Habituellement présentée à Cassel en Allemagne, le rendez-vous artistique tant attendu qu’est la Documenta s’est étendue exceptionnellement, lors de sa quatorzième édition (2017), sur le territoire grec, et plus particulièrement à Athènes. Cette décision a été tenue par le directeur Adam Szymczyk dans une logique de questionner politiquement l’événement. La Documenta 14 portait le titre et l’ambition : « Learning from Athens ». Il s’agissait alors pour la Documenta de faire l’apprentissage de ce qu’Athènes pouvait dégager comme énergie, de ce qu’Athènes pouvait lui transmettre, pour enfin de compte le restituer sur place. Une commande m’a été faîte pour observer le résultat de cet apprentissage. Ce travail photographique en est la réponse discursive.


Mirage 2017 1min44 vidéo

Vues d'exposition


enchère cent trois 2016 03 19 événement

l'événement consiste au déroulement d'une enchère publique dont les spectateurs sont les participants
il débute avec l'annonce du commissaire-priseur de la mise en enchère et se termine avec le coup de marteau
il ne s'agit pas d'acheter un objet

la mise à prix est de dix centimes d'euros (coût de cette page)
l'enchérisseur le plus généreux règle par chèque le montant déterminé à l'association des étudiants de l'école nationale de la photographie
le dix-neuf mars deux-mille seize (l'heure est annoncée par le commissaire-priseur)
à l'espace van gogh, à arles




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